Agriculture en difficulté

Le grand silence des agriculteurs

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les agriculteurs figurent parmi les hommes qui affichent le plus haut taux de suicide. La détresse de ces derniers est multifactorielle : dépression, troubles anxieux, abus et dépendance, perte d’espoir, endettement, bouleversements de l’industrie agroalimentaire, effritement de la solidarité rurale, manque de relève, etc. Dans l’univers des agriculteurs, les réalités personnelles, familiales et professionnelles sont étroitement liées et influent les unes sur les autres. De plus, le milieu agricole valorise encore beaucoup le modèle masculin traditionnel selon lequel l’homme représente la force, le courage et l’autonomie. Rien pour faciliter la décision d’aller chercher de l’aide, même quand les idées sombres émergent…

Heureusement, tous les agriculteurs qui traversent des périodes difficiles ne se suicident pas. Ils serrent les dents et gardent espoir. Pour plusieurs, la famille, les enfants et la proximité avec la nature constituent des facteurs qui militent en faveur de la vie. Cela dit, des actions préventives en milieu rural sont encourageantes. Au Québec, nous voyons poindre une nouvelle approche : les travailleurs sociaux de rang. Ceux-ci, encore peu nombreux, comprennent bien les réalités vécues par les agriculteurs. Ils vont à la rencontre de ceux qui n’osent habituellement pas s’ouvrir et demander de l’aide. Ce premier contact permet de s’apercevoir qu’il existe de l’aide et qu’on peut s’en sortir. C’est le premier pas…

Vous voulez en apprendre davantage à ce sujet?

Consultez le site du projet Au cœur des familles agricoles

Lisez les travaux de recherche de Ginette Lafleur, de l’UQAM

Visitez également le site de l’Association québécoise de prévention du suicide

Jackie Castonguay est la première travailleuse de rang au Bas-St-Laurent

Également, sur notre blogue Mots sociaux, lisez : Pas si loin en Montérégie (bulletin 120 page 8)