L'itinérance au féminin

Itinérance : l’ultime exclusion

Au Québec comme ailleurs, le visage de l’itinérance change et le phénomène s’étend maintenant aux banlieues, aux régions. De plus en plus de jeunes, d’immigrants, d’autochtones et de femmes vivent dans la rue. D’un point de vue social, l’itinérance en général, et celle des femmes en particulier, représente la somme de toutes les exclusions; elle constitue, en fait, l’ultime exclusion. Les femmes adoptent une multitude de stratégies leur permettant d’éviter la rue, d’être identifiées et de porter le stigmate d’itinérance. Ce faisant, elles voguent d’amie en amie, acceptent des situations d’abus et de violence ou tolèrent de vivre dans des endroits instables et dangereux pour éviter la rue. Ce maintien dans les zones floues entre itinérance, pauvreté et précarité est peu visible dans la rue, ces femmes se fondant dans la masse. Selon des études récentes, les femmes constitueraient le groupe de personnes itinérantes dont l’augmentation a été la plus importante au cours des dernières années.

Tisser des liens, réapprendre à faire confiance aux autres, à se faire confiance. Voilà le premier pas. Au sein de plusieurs organismes, dans les CLSC, plusieurs intervenantes, dont des travailleuses sociales, reçoivent et rencontrent ces femmes, souvent dans la rue. Elles ne les jugent pas, les acceptent comme elles sont, où elles sont. Le premier pas consiste à établir un premier contact, à créer un lien de confiance et à les accompagner dans un processus de réinsertion sociale, en respectant leur rythme et selon leurs aspirations. Faire un pas… pour reprendre espoir, retrouver sa dignité.